26/02/2009

Atelier: Le corps.

Des personnes qui me lisaient cet été me demandent de nouveaux textes écrits pour l'Atelier d'Ecriture: cet atelier n'existe plus et ma foi, j'aurais manqué de temps à y consacrer. Le temps justement,j'en manque en ce moment pour écrire, j'ai donc décidé de faire un post de cet exercice qui a été relativement peu lu.

1- Écriture du corps. Retrouvez le souvenir ou imaginez la perception du corps d’un autre (mouvements, présence, odeurs…) qu’il soit caché ou subitement dévoilé, dans une situation amoureuse ou non mais dans un moment ou le corps de l’autre jette un trouble. Découverte (la nudité d’un corps qu’on connaissait autrement) gène ( maladie qui expose, corps dévoilé d’une façon qu’on ne souhaitait pas) ou retrouver une sensation particulière du corps (dans l’eau ou dans un état second). Écrivez ces sensations sous forme d’images, de bribes…

2- Écriture érotique .Parti pris de nommer ou utiliser des métaphores. La linéarité du texte ne s’impose pas. Choisir de voiler ou de dévoiler. Utiliser un ton déterminé: cru, violent, sordide ou au contraire raffiné, surpris, déçu, médical… l’écriture ne doit pas forcément être autobiographique mais des sensations récentes ou plus anciennes peuvent revenir…

 

Voici là les grandes lignes de ce qui nous était proposé pour cette consigne. Vous le verrez, j’ai choisi de piocher ici et là pour donner à lire un texte qui, encore une fois, me ressemble au plus présJ !

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Sa main comme une flamme. Sa main comme un brasier. Elle est là sur le siège, elle ne bouge pas. Pourtant elle l'imagine qui remonte doucement et son pouls s'accélère, sa respiration progressivement devient haletante. Elle a chaud, elle a froid elle ne sait plus trop.

Lui il est là tranquille, il ne parle pas. Sa voisine de canapé lui pose une question. Il se tourne vers elle et dévoile fugitivement l'échancrure de son cou, délicieusement blanc, doux, enfantin.

Sa main alors fait des volutes dans l'air, rythmant ses mots. elle voit ses lèvres, un peu fines mais très rouges, qui bougent et s'humidifient. Il sourit et la blancheur de ses dents décroche dans sa poitrine à elle un séisme de sensations. Maintenant elle est moite, elle ne suit absolument plus aucune conversation, elle est muette et chaude. Lui se tourne un peu vers elle, il lui parle mais elle n'entend pas, elle ne perçoit que "lui" physiquement. ce qu'il dit importe peu, d'ailleurs est-il intelligent? Elle ne l'a jamais jugé, elle le côtoie depuis des années sans même lui porter le moindre intérêt et là, tout à coup c'est le désir, absolu.

Il faut qu'elle le touche. Il lui suffirait de l'effleurer, elle est sûre qu'alors, la magie n'opérerait plus, il redeviendrait François, le mari de Nadine.

Mais en attendant, il est le mâle. Sa bouche est sèche, gonflée, presque douloureuse. Elle passe doucement sa langue sur sa lèvre supérieure et ce contact enflamme d'autant plus ses sens. Elle a la perception éperdue de son corps malgré la distance. Elle imagine sur elle, en elle, son grain de peau, sa chaleur nichée en elle, palpitante et le désir monte, le ventre se fait creux, en attente, haletant, le picotement de la nuque est presque insoutenable, son corsage caresse et dessine ses seins durcis, Elle est à lui, pour lui en cet instant de passion folle. De légers tremblements l'animent: quelqu'un pourrait-il le voir? Elle ne sait plus, elle est tendue vers son plaisir. Et puis la jouissance est là, sublime, sans nom, suffocante d'être enfouie, tue. Elle pourrait hurler, elle voudrait crier et pourtant elle ne bouge pas. Ses cuisses doucement se sont rapprochées et le crissement de la soie échauffe encore ses sens. Elle mord l'intérieur de sa joue et cette douleur, même légère, lui donne du plaisir parce que c'est encore lui qui la lui inflige.

Elle le regarde. Voila! La magie est passée. François ne saura jamais et elle gardera en elle, toujours, la blessure de sa chair offerte, ce moment d'amour flou, solitaire et pourtant partagé.

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28/07/2008

Un texte d'atelier: La plage.

Me voici en vacances! Donc, ce post est planifié. Encore un texte d'atelier penserez-vous! Ma foi, il me semble qu'en cette saison, être léger est tout ce qu'on peut souhaiter. Je reprendrai le post de poèmes plus tard.

Consigne 22: Ecrire à plusieurs voix.

1. Écrire une première version d'un petit événement que vous observez de votre point de vue dans la rue par exemple, à la terrasse d'un café, ou sur un banc public ; cet événement doit mettre en scène plusieurs protagonistes ; restez a votre place d'observateur.

  2. Réécrire une autre version de cet événement du point de vue du principal protagoniste, avec un dialogue: il parle à quelqu'un et de toute façon avec des temps de monologue intérieur.

 3. Réécrire une troisième version de ce petit événement du point de vue d'un autre protagoniste ou d'un autre observateur que vous n'auriez pas vu et qui n'est pas vous, donc que vous avez créé.

Cette écriture demande une attention très rigoureuse : le style va rendre les différences de caractère des personnages, mais aussi les différences d'implication ; chacun ne voit pas la même chose, n'enregistre pas les mêmes indices. Ce n'est pas simplement un changement de style, à la manière de Raymond Queneau dans "les exercices de style".

 

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Atelier: consigne 22 vue par MIMI.

 

1/ Bien sûr, elle va me pourrir la journée! J’étais là peinarde, il y a de la place, elle aurait pu se mettre à l’autre bout de la plage mais non! Elle vient me poser la serviette sur les pieds ou presque. Qu’Est-ce que je dis la serviette? Ils sont combien? Elle en a beaucoup à étaler comme çà?

- Océane, viens ici ma chérie, enfile ton maillot, ne va pas te mouiller alors que tu es encore habillée!

C’est la mère. Elle a une voix de poissonnière à la criée. Et le père, on sent qu’il a les boules un max! il fait semblant de rien à faire des pâtés avec le fils mais il n’en pense pas moins, il doit en avoir ras-le-bol de bobonne. D’autant qu’on voit bien que c’est un homme à femmes çà! Beau comme il est!

Voilà, c’est son portable qui sonne, il a un air entre deux!!! Mais où il va là? Il lui a bien parlé à l’oreille! Elle fait la gueule. A tous les coups il a trouvé un prétexte pour aller rejoindre « l’autre » quelque part!

- Océane prends ton seau et sois sage ma puce, elle est mignonne la petite fille!

Ben oui la louloute à sa maman, prends le seau, on va te le voler! Je te jure. Bon! Je m’en vais moi, j’en ai assez subi, je vais me mettre à la terrasse du café. Très peu pour moi ce genre d’endroit, quel manque de classe!

2/ -C’est joli ici chéri ne t’inquiète pas. J’adôôôre cet endroit! Je vais nous instâller là-bas prés de cette dame seule, nous serons tranquilles et pas loin de l’eau pour surveiller les enfants, oh! C’est chhhou!!!

 

Elle a des pieds douteux la dame mais bon, je ne vais pas faire la difficile. Je suis dans la mouise, cela sent son prolétaire , c’est d’un commun! Mais comment Louis-Charles a-t-il pu m’emmener dans un lieu pareil? Heureusement, je ne risque pas de rencontrer une connaissance et c’est très bien, j’ai pris du poids moi, c’est fou!

- Océane, viens ici ma chérie, enfile ton maillot, ne va pas te mouiller alors que tu es encore habillée!

Je la giflerais cette gamine, elle est insupportable! Si nous étions allés au Club elle passerait ses journées avec les moniteurs! Si au moins elle ne ressemblait pas autant à son père, avec ce visage mou! Ah! Mon petit Guy-Henri lui, est une beauté, tout le monde s’accorde à dire qu’il me ressemble et c’est sans doute vrai!

- Louis-Charles mon cœurrr, c’est ton portâble qui sonne, sans doute le bureauoôô!

Oh! Mais elle se bat! Ne pourrait-elle jouer avec cette fillette sans se faire voler ses affaires? La maman ne bouge pas. Ne voit-elle pas que sa petite fille est en train de commettre un larcin?

- Océane prends ton seau et sois sââge ma puce, elle est mignonne la petite fille!

- Oui mon chéri, bien sûr que tu peux y âller, nous sommes très bien ici ne t’inquiète pâs! J’ai mon grand fils qui va m’aièder à m’occuper de sa petite sœur!!!

- Vous partez Mâdâme? Bônne soirééée! Au plaièsir de vous revouar!!!

Enfin elle est partie, elle commençait à devenir gênante à nous observer ainsi. Elle n’a donc jamais rencontré d’autres personnes aussi différentes d’elle?

3/ pfttt! Les Gitanes maïs, c’est plus çà! De mon temps ils les remplissaient bien mais maintenant y a plus rien qui va, j‘ai du tabac jusqu‘au fond des amygdales moi. Tè! Elle est pas contente hè la pétasse! Elle les voit d’un mauvais œil la bourge et ses mioches. Sûr que l’autre, elle a juste choisi celle qu’il fallait! Elle est pas commode la Ginou avec ses bourrelets recuits. Sûr que, elle le soleil, elle en profite! Après elle va aller draguer le gigolo du bar, elle va te prendre 4 ou 5 pastis et elle aura sa mufflée comme tous les soirs. Si elle vient par là et qu’elle me voit elle va encore venir me raconter sa vie, fan! C’est pas le jour hè! Et puis elle va me critiquer cette brave dame qui a l’air d’être gentille comme tout qu’elle s’occupe bien des mômes et de son petit mari que si çà lui prenait à lui de faire un petit régime, il serait pas mal!

Océane!!! C’est un prénom çà? Maintenant ils font n’importe quoi! Moi je l’aurais appelée Thérèse ou Jocelyne cette petite! Et le garçon peut être kevin, c’est moderne mais c’est joli çà Kevin.

Mais ils sont bizarres ces gens! Elle on voit qu’elle est plutôt habituée aux croisières sur des yachts (prononcer i a ch t), elle a une fesse sur la serviette! Pourtant c’est les siennes hé hô! Épaisses comme çà, sûr qu’elle les a pas louées au camping, tain! Elle est gironde n’empêche! J’en ferais bien mon 4 heures moi! Elle a un accent! Je me demande comment çà fait au lit, si çà crie comme tout le monde ou si çà a le cul serré ces bonnes femmes de la haute! La Ginou elle, elle te fait sa chochotte mais elle te pousse des cris d’orfraie.

Té, c’est juste ce que je pensais, çà y est qu’elle y va picoler son jaja! Je ferais mieux de me cacher moi que sinon j’en suis d’une tournée. Et que je te fais des ronds de jambe à la bourgeoise que je te l’ai vue qui fumait de jalousie tout l’après-midi et soupirait après le mari! Lui il est pas resté longtemps hè? Le travail, c’est sûr! Ils sont tous là avec leur portable que t’as plus de vie hô!

Allez zou, je me casse moi! La Jo elle va me bassiner encore que je regarde les girelles à la plage!

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